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dimanche 29 juin 2014

LA TRANSAT RETOUR : Bahamas - Açores

Après une semaine passée à Eleuthera à bricoler, faire les courses, attendre le boîtier de l’anémomètre mais surtout un bon créneau météo, nous partons enfin pour la transat retour !! Tout l'équipage est bien prêt !!
C'est toute une aventure que l'on quitte, une autre page qui se tourne et des moments gravés à tout jamais. 
21 mai, 16h15, on lâche les amarres de Spanish Well, dernier souvenir des Bahamas. La mer est encore turquoise mais les vagues arrivent bien vite. On monte la GV et ...c'est parti pour l'aventuuure !!! 
Les quarts commencent, les activités du bord aussi, personne n'est malade (on triche un peu avec des cachets mais chuuut!!!). On essaie de filmer un journal de bord, chaque soir deux d'entre nous se posent pour faire le compte-rendu de la journée. On raconte la météo, les repas, les anecdotes, et bien évidemment la pêche, principal effort de la journée !! Les eaux de l'Atlantique sont fructueuses cette année !! Cependant, on ne mettait les lignes à l'eau qu'un jour sur trois pour ne pas faire d'overdose mais surtout de stockage (le poisson frais, c'est meilleur). On a attrapé 2 belles dorades coryphènes de plus d'1m15, un beau thazard tout rayé et enfin un tout petit poisson trop mignon et très bon !! J'envoie aussi un petit clin d’œil à Nomade à qui l'on doit de super recettes de poissons crus !! et un grand merci. 

Ewen et Papa ont bien pris le coup de main pour la canne et le « détrippage » et Maman pour l « éminçage » du ceviche. On se régale !

Niveau météo, la première partie du trajet jusqu'aux Bermudes a été assez peu ventée, et donc plus longue que nos prévisions. Puis nous avons bien avancé jusqu'aux Açores, rejointe en 10 jours depuis les Bermudes. Des navigateurs américains, à Spanish Well, nous avaient communiqué les coordonnées de Chris Parker, un météorologue proposant une aide au routage, avec des prévisions personnalisées. Face à l'instabilité météorologique de la zone, Papa a décidé de confronter ses choix à ceux d'un professionnel. Il nous a donc conseillé et informé tout au long de la transat. Référence à garder, car vraiment pro. La température a fraîchi de jour en jour mais il n'a pas beaucoup plu (heureusement!!).  Malgré la faible hauteur des vagues (contrairement à la traversée aller) celles-ci étaient par contre assez désagréables, car elles arrivaient de travers.
En résumé, nous avons pas mal navigué au près (vive le code 0), passé 3x12 h de moteur...slalomé entre fronts froids, orages et calmes plats, notre moyenne a été de 5-6 nds sur la première partie et 7-8 sur la deuxième.
Ce qui était aussi super sympa c'était d'avoir les mails réguliers de Mister Fizz, qui « transatait » en même temps que nous!! Et bien sûr ceux des proches !



Comme à l'aller nous avons regardé beaucoup  de  films surtout pendant les quarts. Ewen et Marine se sont visionnés les Star Wars, Maman et moi les Harry Potter, parfois avec Solène. 

Je ne crois pas qu'on ait fait le décompte du nombre de films vus cette fois ci , mais ça reste un joli score je pense!! Quand ça allait  bien, ou le soir après le dîner, on était plutôt jeux de société: mille bornes, wist, scrabble (sauf quand ça tapait en dessous de la nacelle, parce que toutes les lettres se re-mélangeaient ...), belote.. mais hélas oui, on n'a même pas  joué au times up!!! Je crois que les motivations de l'équipage changent en mer!!
Ewen a travaillé son bac comme il pouvait!! et non, plus de CNED pour les filles: le bonheur!!!!!! En fait, avec Maman et Marine, on s'était engagées à apprendre 5 verbes irréguliers en anglais par jour, mais bon je crois que ça n'a pas duré plus de 2 jours et demi.

Papa a dit que nous avions une chance incroyable, qui ne se reproduirait sans doute plus jamais : à savoir, passer 3 semaines de vacances tous les 6... autour d'une table dans un canapé!! Et oui, c'est vrai, à part les tours de gardes, nous étions essentiellement dans le carré.

On a eu peu de visite pendant la transat, bateaux comme mammifères. On a quand même vu beaucoup d'oiseaux et des algues, les fameuses sargasses, qui viennent en permanence se prendre dans l'hélice de l'hydrogénérateur!! Les dauphins sont apparus trois fois, mais ils étaient super furtifs!! Leurs ailerons sortaient une, deux fois et hop, partis !!
Cependant, alors que toute la famille était installée tranquillement dans le carré, un de nous sort la tête et SURPRISE!! Un énorme porte-conteneur se tenait à moins d'un kilomètre, c'est tellement gros ces bestioles qu'on l'aurait plutôt cru à 100m !! Papa l'avait vu à l'AIS, mais elles avancent vite aussi, ces bestioles et il lui a fallu peu de temps pour nous rejoindre!! C'est bizarre, on est beaucoup plus attentifs la nuit que le jour sur la surveillance des autres bateaux. 

La cuisine occupait encore pas mal notre temps mais le gaz était plus limité qu'à l'aller. On a juste fait moins de gâteaux et de pains et utilisé la plaque électrique, merci à l'hydrogénérateur et au compresseur portatif. Aux Bahamas on a trouvé beaucoup moins de fruits et de légumes qu'au Cap Vert. La machine sous vide et la pêche nous ont quand même permis de manger du frais, ce qui changeait des pâtes !!  La nouveauté de cette transat, et notre repas favori, a été les fajitas mexicaines (et on en a mangé trois fois, quel délice!!).

La préoccupation principale restait (et évidemment) la navigation et les manœuvres. Grâce aux divers conseils des marins rencontrés et à l’expérience acquise au cours du voyage les manœuvres étaient plus précises et rapides. En plus, maintenant, tout l'équipage sait ce qu'il faut faire !! Quelques petits détails nous ont aussi aidés à gagner de la vitesse (par ex, le blocage des hélices...).
Nous sommes donc arrivés à Horta le 9juin à 6h50 (du matin), après 18 jours de mer et presque 3000 MN. On était « trop » contents de retrouver plein de copains, Petite Terre, En Arbenn, Vaga,... les nuits à plat et …..........les vaches!! On a aussi découvert le mythique «  Peter's café » (ce qui n'est pas peu dire parce qu'il faut faire au moins 1000 miles pour y arriver!!).
Les soirées ont vite commencé et la fatigue de la transat a été aussi vite effacée et remplacée par celle des apéros et soirées!!

Petite note personnelle :

Si je devais choisir entre cette traversée-là et l'aller, je choisirai...l'aller !!! (Si vous interrogez le reste de l'équipage, ils vous diront peut-être le contraire.... )
Les vagues étaient plus rudes et la navigation plus difficile mais c'était l'aventure, la première fois, la découverte !! En plus on avait Noël à la clef (ce qui m'a donné pas mal d'activités manuelles). Et puis on allait découvrir les Antilles et le vrai soleil, ce qu'on attendait en partant cette année !!
Ici, à part les bateaux-copains, Peter's, de nouveaux paysages à découvrir, ça annonce quand même le retour...


Juliette

mardi 20 mai 2014

TURKS & CAICOS et BAHAMAS

Turks & Caïcos, Bahamas, des noms magiques ou inconnus qui nous ont offerts des moments …. magiques. Tout d'abord après 4 jours de navigation depuis les BVI nous sommes arrivés dans l'archipel des Turks and Caïcos. Avant notre départ de France, nous savions à peine qu'un tel pays existait et c'est en se penchant sérieusement sur les cartes marines que nous en avons appris un  peu plus sur ces îles, où il y a quand même un club Med, destination plongée, car  les fonds varient de 1m à 1000m. Ce sont les BAHAMAS, avant les BAHAMAS. Cela pourrait faire partie des FAR BAHAMAS, comme on dit ici, sachant que l'éloignement se mesure à partir de MIAMI, les plaisanciers étant principalement américains et en motorboat. 

TURKS AND CAICOS

Contrairement aux BVI nous avons trouvé des mouillages où nous étions seuls, à la Robinson Crusoé. Notre première escale fut à Big Sand Cay, comme son nom l'indique, c'est une super plage de sable fin, côté lagon, plus rocailleux et dur sur la côte au vent. 

Un bon repos après cette navigation de plusieurs jours, habitude que nous avions perdue depuis la transat, pour faire ensuite un saut de puce vers un autre bout de terre « uninhabité »: Fish Cay. Entre ces deux micro îles, nous traversons   the « Whale Channel », lieu de passage des migrations des baleines où les fonds remontent de 2500m à 3m en moins de 2 MN et nous espérons bien voir un de ces beaux spécimens. Et ce qui devait arriver arriva, d'un peu trop loin hélas, nous apercevons une baleine qui bat l'eau avec une de ses immenses nageoires latérales, puis elle effectue un énorme saut en arrière. Est-ce la présence d'un bateau à moteur qui l'a fait fuir ? Après quelques minutes et quelques jets, elle disparaît. Nous restons ébahis par ce spectacle et nous espérons qu'il se reproduira lors d'autres navigations. 
Nous mouillons sur cette petite île déserte. Marine et Cécile partent à la nage rejoindre la plage et découvrir les belles patates de corail. A peine arrivées, le reste de la famille les rejoint et leur annonce qu'ils ont vu au ras de la plage un beau requin. Les futures baignades seront plus rapides, allez donc savoir pourquoi !!!
En marchant dans l'île, nous allons surprendre un iguane, une très grosse espèce d'échassier, des rapaces, et les « mouettes » locales dont les ailes si blanches reflètent le bleu du lagon. 
Au petit matin, à peine le soleil assez haut pour voir le fond, nous levons l'ancre car nous avons 40 milles à faire dans 1m à 3m maximum d'eau. Une première pour nous, vive alors le cata et ses 80cm de tirant d'eau. Les lignes sont à l'eau et nous pêchons un Grey Snapper, genre de belle Dorade...puis des baraccudas en rafale. Le souci, c'est qu'on ne peut pas les manger, au risque d'attraper la ciguatera. Donc au troisième, on arrête...parce qu'allez donc retirer l’hameçon dans la gueule du bestiaux, pour le remettre à l'eau, après une demi-heure de bagarre !
Nous arrivons à bon port dans une petite marina tenue par un canadien, très heureux de recevoir une famille, lui qui n'accueille que des couples retraités américains. Tous les services sont présents même la conduite pour aller chercher Marc à l'aéroport ou pour faire le ravitaillement. 
Avec notre nouvel équipier expérimenté, nous repartons pour les Bahamas, mais avec une dernière escale à l'est de l’île de Providenciale, avant de quitter les Turks and Caïcos. Nous nous baignons dans l'eau la plus chaude rencontrée, snorkeling le long des rochers, desquels nous avons une vue splendide sur tout le lagon.

BAHAMAS

Nous sommes aux portes de Bahamas et nous parcourons, toutes voiles dehors, les 40 miles qui nous séparent de Mayaguana, l'île la plus à l'est, sur le passage des plaisanciers venant des iles caraïbes. A peine arrivés, Marc et Guillaume partent faire notre entrée aux Bahamas et en guise de capitainerie, un hamac, le bureau des douanes possédant tout de même un toit. La capitale de l'île se résume à quelques maisons, un bar, une épicerie , trois églises...et des gens sympas, mais pas bousculés. On rencontre un gars qui nous amène aux « customs », puis va nous ramasser des noix de cocos dans les arbres au-dessus du hamac : No stress, mais rien à faire à part la pêche. Il existe bien un bureau officiel pour faire notre clearance. Cette île est une ancienne base de missiles américains (n'oublions pas que nous sommes très près de Cuba!) et bien qu'il y ait peu de choses, le lagon est totalement cartographié, chaque caillou est sur la carte, alors que des zones immenses dans les Bahamas sont très approximativement répertoriées...l'US NAVI a fait du beau travail ! Nous faisons les papiers et nous nous acquittons de la donation pour le voyage des enfants de l'église : le bureau des Customs, c'est top pour faire la quête !!

Sur les conseils de Wixen, bateau canadien qui voyage depuis 9 ans sur toutes les mers du globe, nous voulons aller jusqu'à Conception, île un peu excentrée des Bahamas. Nous coupons la navigation avec une halte à Plana Cay, nouvelle plage de sable blanc , coraux, poissons multicolores, requin pour Marine... et récolte de coquillages. Vers 16 heures, nous levons l'ancre pour parcourir les 110 miles de nuit. Marc prend son tour de garde de 3h au petit matin, heureux de retrouver les joies de la navigation au long court, le lever du soleil.....et enfin, quelle merveille de s'ancrer à Conception! encore un petit bout de terre  inhabité, faisant parti d'un parc naturel. 

Nous restons 2 jours dans ce petit paradis, balades, planche à voile, même pour Marc, après 20 ans toujours au point, apéro plage. Mais le must c'est la visite de Flipper : Juliette aperçoit un aileron en faisant de la planche. Heureusement, l'aileron est arrondi, mais bon, la rencontre surprend. Elle rentre au bateau et Flipper la suit. Ewen a juste le temps de sauter à l'eau pour nager quelques instants autour du bateau à 20 cm de Flipper, qui finit par repartir voir ses copains dauphins. Instant émotion, surtout pour Ewen qui mettra 48h à se remettre de cette rencontre. On attend maintenant la visite de Oum !



Il nous faut repartir si l'on veut profiter du prochain paradis: les Exumas. On entre dans une région du monde qui est bleue, de tous les bleus de la palette, et qui flashent sur le satellite. Essayez Google earth  et vous verrez ! On se rappelle avec Cécile, qu'étudiants, on avait une photo des Exumas du satellite SPOT : c'était un signe ?!....
Après une traversée rapide au nord de Long Island (des Bahamas), nous voilà à George Town. On ne sait pas ce qu'à fait ce Georges, mais ici, toutes les îles ou presque ont leur « ville à George ».
Premier contact avec la navigation des Exumas, qui se fait avec moins d'un mètre d'eau sous le bateau. Nous faisons une escale ravitaillement, quelques courses, un peu d'internet et des jeux de sociétés sous la pluie. Pas grand chose à y faire, sauf à regarder la Kermesse de la paroisse : ils gagnent les mêmes gadgets inutiles que chez nous...c'est ça la mondialisation.
Le meilleur est ailleurs et nous repartons vers le nord. Courte navigation dans l'océan, nous remontons au près, au nord de Great Exuma Island, la plus grande île des Exumas, pour bientôt  passer Soldier Cut. Là, les couleurs vous sautent aux yeux, des dégradés vertigineux du blanc aux bleus turquoises, puis sombres quand les fonds augmentent...Le peintre a été généreux et il va nous faloir apprendre très vite à lire cette palette merveilleuse qui peut vite devenir une prison si on loupe la veine d'eau pour finir sur le banc de sable ou sur une patate de corail. 
Cartes papiers, électroniques & GPS ne peuvent remplacer une lecture attentive du parcours...alors on avance à petite vitesse dans ce dédale d’îles, alignées sur plus de 100 NM, abritant le lagon. Entre chacune, un passage vous ramène dans l'océan, avec autant de courant que dans le Golfe du Morbihan : ça au moins, on connaît.

Nous nous ancrons pour le déjeuner à White Bay Cay. L'eau est belle , le mouillage protégé, petite baignade et nous remontons vite pour un mouillage de nuit à Lee Stocking Island. On monte au-dessus de l’îlot, la vue est totalement dingue, mais on s'y habitue presque : alors on se pince et on profite. Nous repartons le lendemain pour une nav de quelques miles, avec moins d'eau, plus de sable et de cailloux, mais les couleurs, dans ces conditions, sont une « vraie tuerie », comme dirait Marc! Nous tentons l’improbable passage « east pimblico », nous sommes en sustentation dans un mètre cinquante d'eau... Nous arrivons à Great Guana Cay pour une après midi et une nuit à  Isaac Bay : le site est pour nous, nous sommes seuls dans ce petit paradis. La planche est sortie, on plonge dans l'eau, on escalade...et on profite du coucher de soleil pour un petit apéro-plage. Le lendemain, c'est Bitter Guana Cay et ses iguanes, courte pause avant de rejoindre Staniel Cay. C'est de là que repart Marc. Nous voilà plus aguerris dans la lecture des fonds et nous décidons de passer au plus court pour rejoindre Staniel Cay. Le départ se fait avec 5 nœuds de courant par le travers au milieu des cailloux, pas de problème (voir plus haut!). Ensuite la carte annonce 1 m d'eau, on cale 0,8m, donc ça passe. L'eau varie du bleu foncé à la couleur de l'eau d'Evian...je suis les yeux rivés sur le sondeur, plus que sur le fabuleux spectacle autour..Cécile, qui scrute à l'étrave, me demande combien d'eau à courir sous le bateau : « 40cm » je lui dis, et pour rassurer sa mine inquiète :  « Mais ça remonte ». On est passé, de fait, avec 30 cm sous le bateau: c'est notre record. Staniel Cay s'ouvre à nous, sa grotte (celle de J.Bond dans Opération Tonnerre) et ses cochons qui nagent : Unique ! Nous accompagnons Marc à l'aéroport, enfin un bout de route, un toit et le guichet dans une voiturette de Golf. Nous le quittons à regrets. Nous avons partagé le meilleur des îles, et le voilà reparti avec du bleu plein la tête qu'il va admirer encore du ciel dans le petit bi-moteur qui le reconduit vers Nassau, la capitale des Bahamas. 
Nous restons à Staniel Cay car nous attendons demain Nomade, qui, après Porto Rico, remonte vers la Floride. Joie des retrouvailles et perspective de partager encore quelques moments ensemble, avant que nos chemins se séparent. Après visite de la grotte et avoir nagé avec les cochons, nous remontons vers Little Pipe Cay. Marée basse quand nous arrivons. Nous en prenons plein les mirettes. On pensait qu'on s'habituait : en fait pas ! Il nous faut faire le plein, pour le prochain hiver, qui sera plus rude...
Une nuit à Compass Cay, ce qui permet à Ewen de sortir en Wakeboard (trop fun) et nous allons sous voile, un peu en retrait des îles, vers Warderick Wells Cay : Exuma Park. C'est hallucinant, organisé avec des bouées, dont deux qui nous attendent sans que l'on ait réservé avant d'entrer sur le site..mais ça marche. On se jette à l'eau à peine amarrés ...rien à dire, juste à regarder les photos.



On retrouve aussi Mr et Mrs Fizz qui arrivent le soir. Anonciade nous régale de Langoustes. On partage nos rencontres, des îles visitées, on parle de ce qui nous attend, cette traversée, de la météo... On se quitte après avoir déposé un bois sculpté au nom des bateaux, préparés par Maxence, Juliette et Solène et on devrait retrouver les Fizz, qui partent en même temps que nous.
Dernier mouillage à Schroud Cay avec Nomade, dernier Wakeboard pour Ewen, balade magique dans la mangrove et on se dit à bientôt...En Europe.  

Nous partons vers Eleuthera, île plus au nord, avec du vent et une mer de face qui nous secoue et nous empêche d'aller sur un bord vers Current Island, le passage étroit qui nous permettrait de rejoindre Spanish Wells au plus court. Nous passons au sud pour gagner en confort, en vitesse et nous remontons vers Hatchet Creek, 8 mn avant Spanish Wells, pour éviter d'arriver de nuit. Nous y sommes le lendemain, 13 mai, pour préparer la transat que l'on prévoit le 15. On se met en ordre de marche, pour l'avitaillement, les douanes etc... le modèle GFS nous dit ok, mais les voisins de ponton nous recommandent de consulter la météo côté US. Le modèle ignore les fronts froids venus du nord, annonciateurs de gros orages tropicaux et de grains à 50 kts. Je consulte un routeur, Chris Parker, qui déconseille de partir demain. La fenêtre se referme. Nous attendrons le 20 ou le 21..avec les conseils de C.Parker et il nous faudra faire route directe si possible, pour assurer l'arrivée avant le 14 juin aux acores et pour qu'Ewen puisse repartir pour le Bac de français: l'écrit le 18, et l'oral le 4 Juillet. Partir plus tard nous aura permis de connaître la date des oraux, tardive certes, mais après l'écrit, c'est déjà pas mal. La logistique : amis, tonton, grand-parents se mobilisent pour transformer l'essai. La transat c'est une chose, mais réussir cette année scolaire pour tous, c'est aussi un objectif important...en passe d'être réussi.

Nous voilà donc à l'arrêt quelques jours, dans la Spanish Wells Yacht Haven Marina, pour affronter le mauvais temps, bien à l’abri. En effet, nous essuyons de gros orages, avec plus de pluie en 48h que 6 mois en Bretagne ! Les éclairs ont aussi, semble-t-il, eu raison de notre indicateur de vent. Petite course contre la montre pour récupérer un nouveau boîtier en Floride. Chris, qui s'occupe de la radio locale, fait aussi l’électronique. Il nous aide au mieux, comme tous les gens dans cette île ! Le boitier, qui ne sera là que mercredi 21, nous bloque pour le départ que l'on aurait pu anticiper. On aura en tout cas apprécié les nombreux contacts et l'accueil, même si on aurait aimé être déjà partis, dans ce coin des bahamas qui ressemble à l'Alabama, avec les mêmes bateaux que ceux de la compagnie de crevettes « Buba Gump » dans Forrest Gump. 


On passe une super soirée avec les Dubois, Canadiens de Toronto, qui passent deux années en motorboat avec leurs deux garçons, entre USA et Caraïbes. L'aventure se décline aussi au moteur !

H-24. Une transat nous attend. on ne sera pas seuls sur l'eau : Petite terre nous devance (Il s'approche des Bermudes), En arbenn a trouvé des vents portants et on espère faire un bout de route avec Mr Fizz.....


A bientôt de l'autre côté de la mare aux harengs !

samedi 19 avril 2014

BRITISH VIRGIN ISLAND (BVI)

Nomade nous attend à Trellis Bay. Nous sommes ravis de nous revoir depuis le Marin. Ils parcourent les BVI depuis 3 semaines et connaissent les meilleurs coins. 
Le soir, ils accueillent Alain, Mimi, Charlotte et Justine en vacances pour 15 jours . Nous décidons de naviguer ensemble, en nous laissant guider (quel confort pour le capitaine!) par les bons conseils de Christophe pour les coins à visiter, les mouillages et aussi pour régler notre Zen au mieux,   pour rester dans le sillage. Ils nous devancent toujours d'une ou deux longueurs, parfois plus, mais c'est un plaisir immense que de naviguer de conserve à deux Outremer. Ewen enrage parfois car nous sommes trop lourds, que le code 0 ne fait que 50 m2 et que sa mère est trop timorée!  Bref, on discute et on profite de faire des photos des 2 bateaux, lancés dans l'archipel des BVI.
Nous commençons notre visite des îles par Deadman Bay sur Peter Island, puis les Baths, morceaux de granit posés dans l'eau transparente. On retrouve Petite Terre à North Sound et le lendemain, la flotille prend le large vers Anegada afin de profiter du retour au calme de la houle de nord. Cette île a un petit côté « barbudien », avec ses grandes plages sur lesquelles nous osons le beach volley, le lancer de claquettes, nique-nique très organisé sous tente « berbère », de vrais nomades, et le programme qui rivalise avec Koh Lanta, avec l’épreuve terminale sur parpaing !

Pour se remettre de nos émotions, nous terminons notre séjour par une dégustation de langoustes , puis swing acharné sur le « dance floor »...en sable. Solène s'avère être une danseuse de limbo performante et rivalise avec un danseur local : tout le public est acquis à sa cause : cela lui vaudra un jus de fruit et de nombreux cheks et félicitations.

Revenus d'Anegada, nous parcourons les îles de l'archipel :  snorkelings de rêve, de gros tarpons, baracudas et carangues, survolés par des pélicans très gloutons, à Monkey Bay sur Guana Island. Pause sur  l'île de Jost Van Dyke,  magnifique plage de White Bay, avec ses bars décorés et ses américains buvant la bière dans l'eau, supportés souvent par une « frite » ! Escale à Little Jost Van Dyke et le lendemain nous faisons notre plus belle plongée sur Pelican Island où enfin, faune fixée, poissons, tombants sont réunis pour nous offrir des vues magnifiques. Malheureusement nous y laissons la Go pro d'Ewen... qui n'a pas aimé que la boite étanche reste ouverte pendant la plongée !!!!
Ces îles offrent un terrain de navigation très protégé et de courtes distances. Ce sont des îles assez montagneuses recouvertes de végétations proches de la méditerranée mais sans les pins. Les palmiers se font rares hormis sur les plages bordées d'hôtels de luxe. 
Nous retrouvons avec grand plaisir Okamaugo et Paï-Mé pour quelques jours avant que nos chemins nautiques se séparent définitivement. Ça sent de plus en plus le retour ! Alors on profite des bateaux copains, avec qui nous partageons nos rêves, nos passions, nos doutes et nos navigations depuis quelques mois.

Ces belles rencontres sont aussi un grand moment de notre voyage. Bientôt nous allons faire des routes différentes ou partir sur des routes similaires comme avec Nomade et Petite Terre vers les Bahamas : mais le terrain de jeu est immense, plus grand que l'arc antillais. Alors on met au point des stratégies pour se retrouver, jusqu'à la BLU qui n'avait pas servie jusqu'à présent. On va se donner un RDV quotidien avec Aurélien et Christophe, pour pouvoir se parler, même loin, et bientôt partager en direct, les moments forts de la Transat qui se profile pour nous tous.


Le vent monte, nous trouvons refuge au nord de l'île pour trois jours encore, nous préparons la suite...400 MN vers les Turks and Caicos, sable blanc, eau limpide..où nous retrouverons Marc, équipier de choc pour la partie la plus à l'ouest de notre périple. 


PS : NON, VOUS NE REVEZ PAS...on est le 19 avril 2014, on part demain aux Turks & Caicos..c'est dire que ce blog est à jour, pour la première fois depuis quelques mois : ça se fête!

SAINT-MARTIN


Escale technique et familiale, nous sommes restés une semaine afin de peaufiner le bateau mais aussi réparer le capitaine, soucis dentaires sans gravité.
Nous avons la joie de découvrir l'île avec un « local », Sébastien, le cousin de Guillaume. Nous sommes ravis de le voir dans son île qu'il habite plusieurs mois pas an depuis plus de 10 ans. On est, grâce à lui, tout de suite dans l'ambiance et nous voilà bien vite au resto chez son copain Will : l'intégration  est vite faite : pas besoin de lire les guides ! 
Nous partons  pour deux jours à Anguilla, Seba ayant pu se libérer, avant de changer de programme pour cause de forte houle de Nord et mer dangereuse. Nous nous mettons à l'abri de l'île et nous profitons des « lolos » de Grand Case, petit resto familial où l'on déguste sur de grandes tables des ribs de porc, poulet ou langouste au BBQ. Petite escale sur le somptueux îlot de Tintamarre, "the place" to be le dimanche. 

Ayant rejoint pour la nuit la Baie Orientale, Seba nous a tous emmenés dans les airs avec son parachute ascensionnel. Les enfants étaient aux anges et les parents, le décollage passé, ont apprécié la vue splendide sur la "B.O." et l'île de Tintamare.



La mer étant très agitée les jours précédents, les snorkellings tentés au rocher créole ou à Tintamarre étaient un peu décevants, nous avons apprécié encore une fois les tortues dans tous les mouillages que nous avons faits.
Entre deux soins dentaires, nous sommes allés finalement jusqu'à Anguilla, sans Séba, île à 10 milles de Saint Martin. Une fois digérés les droits de navigation exorbitants, nous avons profité de 2 endroits paradisiaques: le soir, Sandy Island et Prickly pear le lendemain.


En ce qui concerne le bateau, il repart avec un frigo neuf, un moteur pour le pilote automatique, une frontale, des bouts et manilles, une commande de gaz de rechange et notre nouvelle voile. 
Les premiers tests le long d'Anguilla sont concluants, bluffant Guillaume et Ewen. Saint Martin est super pour l'accastillage, on y trouve tout, dans des Ships géants, avec des prix très très bas...mais il ne faut pas s'attarder trop, pour ne pas faire fondre la CB !

Avant le départ pour les BVI, nous fêtons les 15 ans de Marine. Nous quittons Séba, pour quelques mois, avant de se retouver après l'été à Kerassel.

Une belle nav de nuit nous attend,   8 nœuds de moyenne, Guillaume et Ewen sont même obligés de ralentir le bateau afin d'ancrer à Spanish Town avec les premiers rayons du soleil.
Les papiers administratifs faits, nous relevons l'ancre pour retrouver enfin Christophe, Anonciade et Maxence sur Nomade, que nous avions quitté en Martinique.

ANTIGUA ET BARBUDA

Voici 2 îles d'un même Etat, si proches en distances et si différente dans leur histoire, leurs paysages, leur population.
Nous nous sommes d'abord ancré à English Harbour, petit port à l'ambiance très british, ancienne « planque » de l'amiral Rodney ou, plus tard, du célèbre Nelson. Petites maisons en pierre et bois entourées de gazon mais surtout d'un ponton aux yachts magnifiques, moins nombreux que d'habitude pour cause de grosse régate à Saint Barth, mais qui donnent un aperçu de ce que doivent être les fameuses régates de mi-avril. 

Nous restons 2 jours avant de repartir à l'est, à Green Island. Mouillage de rêve qui nous rappelle les Tobago Cays, en plus grand. Nous testons notre nouveau filet de volley sur un petit bout de plage entourée d'eau turquoise. Juliette accroche enfin son harnais en planche, son sourire en dit long sur le bonheur de cette véliplanchiste en herbe. 

Après quelques snorkelings autour des patates de corail, nous retournons vers English Harbour pour retrouver Petite Terre, Okamaugo et un apéro sur la plage s'improvise bien vite. Nous sommes alors accostés par des jeunes qui fêtent les 50 ans de leur ami-patron et nous invitent tous à partager leur BBQ. Certains travaillent sur des yachts comme hôtesse, mécanicien et l'échange est très convivial. Ils profitent de leur jour de congé et de l'absence de leur propriétaire pour se retrouver, sinon ils sont de service 16h/24, voire plus !!!
Malgré les informations très différentes sur les clearances de sortie possible ou non à Barbuda, nous partons sur Barbuda avec Petite Terre à la plus grande joie de Solène qui a trouvé son alter ego avec Philippine. Nous faisons escale à l'est d'Antigua dans la baie de Five Island. Nous sommes seuls dans une petite crique à l'entrée de la baie. Le mouillage est calme, pas de poisson mais belle plage pour une partie de volley et quelques balades pour admirer l'ensemble de la baie.
Au petit matin, ce sont les parents qui lèvent l'ancre, la remontée est agréable par 15 nœuds de vent de travers.
On ne voit rien de l'île qui doit se profiler devant l'étrave, on scrute et soudain apparaît une ligne blanche sur l'horizon : ce sont les plages de Barbuda. Nous sommes  ébahis par leur immensité. Nous allons passer 5 jours hors du temps dans l'eau turquoise. Nous ne manquerons pas la réserve des frégates, plus importante colonie au monde de ces oiseaux de haute mer, qui viennent se reproduire au paradis. 
La visite de l'île en taxi-bus nous apprend beaucoup sur les relations avec Antigua :
pas de gros complexes hôteliers et les quelques hôtels sont quasi vides, certains abandonnés. Le seul village de l'île, Codrington, porte le nom d'une famille anglaise qui, pendant des générations, a exploité des esclaves pour la culture du coton et de la canne, mais aussi pour "produire" des esclaves afin de les vendre aux autres îles, le comble de l'horreur humaine ! Pour leurs loisirs, équitation et chasse, ils importèrent aussi des chevaux et des daims,  
Ayant appris, 5 ans après le reste des Antilles, que l'esclavage était aboli, les esclaves chassèrent leur maître et décidèrent que la terre de Barbuda appartenait à tout le monde. Ce principe perdure même si des ventes de terres se font sous le manteau. Les barbudiens ont l'impression qu'Antigua leur prélève des impôts et qu'ils n'ont aucun retour. En effet, cette magnifique île est très pauvre, peu d'activité hormis la pêche de langoustes. 
Nous changeons de mouillage pour celui, paradisiaque, de la baie de Cocoa Point, baignades et jeux sur sable doré, snorkeling splendide à Spanish Point, pêche d'une raie, planche à voile, repas et apéro partagés avec Petite Terre pour terminer ces belles journées.



Nous avons bien sûr pu faire notre clearance de sortie sur Barbuda, très typique et sans stress. A la tombée du jour nous quittons cette île, point fort de nos découvertes, avec un apéro-trampo sur mer d'huile, visibilité parfaite du fond à 14 mètres : en route pour Saint Martin.

samedi 5 avril 2014

GUADELOUPE ET DEPENDANCES

Contre le vent et les vagues, nous remontons vers Marie-Galante. Pas la meilleure allure pour le confort de l'équipage, mais ZEN avance à 7/8 Noeuds, dans une mer formée. Bientôt l'île apparaît, ronde et plate, elle laisse passer les trains de nuages qui la survolent, laissant leur ombre se dessiner sur le sol de cette dépendance guadeloupéenne. La Dominique, c'était tout le contraire, les nuages restant plantés au-dessus de la forêt tropicale
Lorsque l'entrée du port de Grand Bourg est enfin dans la ligne des étraves, alors que l'on cherche un contact à la VHF pour savoir où s'amarrer, c'est le capitaine d'un gros cata-ferry desservant les îles qui nous répond : « 1/ faut dégager le Chenal, priorité aux navettes 2/ on se met n'importe où du moment que l'on ne gène pas les navettes ! » Nous trouvons donc une place dans le fond de ce petit port de pêche, entre barques et embarcadère : la place est étroite mais les fonds ont l'air de tenir (on verra en relevant l'ancre que c'est une sorte de vase bétonnée, qui transforme l'ancre en corps mort, pas de risque de déraper).



Bernard, Sandrine, Lola, Manon et Noé sont bientôt sur le quai, pour fêter nos retrouvailles. On s'en était parlé il y a des mois, mais c'est avec émotion que l'on se retrouve comme si de rien n'était, dans le petit port de Grand-Bourg. Nous allons passer ensemble 4 jours formidables, au rythme lent de Marie-Galante, entre rhumerie, plages, visites et apéros, les journées sont bien remplies. Nous rencontrons aussi Sylvain, un ami d'enfance de Sandrine, qui a élu domicile avec sa femme Mariane et ses 3 enfants, sur cet îlot posé au bord de l'Atlantique. Sylvain nous trouvera une idée pour permettre à Ewen de passer son oral de TPE à Saint Martin, solution facile à mettre en œuvre mais refusée par le Rectorat de Rennes. No comment. Pas de TPE donc pour Ewen, car c'était un AR métropole pour 10 mn d'oral.

Les jours passent et c'est bientôt Laurent, Sabine, Margot, Lucile et Elsa que nous accueillons à l'embarcadère, fraîchement (ou presque) arrivés de France. Seul moyen de se remettre de cet interminable périple voiture/avion/taxi/bateau : un ti-punch et les voilà dans le bain antillais. Les enfant sont ravis de se revoir, pour 48H certes, mais on se retrouvera à Deshaies. Avant de quitter Marie-Galante, nous partageons quelques 5 kgs de Daurade choryphène pêchée...auprès d'un pêcheur de Grand-Bourg.

Nous reprenons le large pour contourner Basse-Terre par le sud, en laissant les Saintes à babord. On reviendra la semaine prochaine. Nous remontons la côte, passons l'îlet Pigeon et la Réserve Cousteau, pour nous ancrer dans la baie de Deshaies. C'est bientôt Didier et Catherine qui montent à bord, Gautier, Manon et Thomas se reposant après une journée de voiture. Les retrouvailles s'arrosent au Rhum et nous serons bientôt réunis à 4 familles, amis de 30 ans, dans la maison louée par Didier. Laurent et Sabine nous rejoignent après avoir quitté Marie Galante et récupéré les clefs de leur location à Deshaies, pendant que Bernard et Sandrine, faisant les adieux à Marie-Galante et Sylvain, prennent un ferry pour rejoindre la troupe. Nous voilà pour un soir, réunis à Deshaies à 21 au bord de la piscine. Moment rare, hors du temps, que l'on garde précieusement au fond du coeur pour les longues soirées d'hiver à venir.


Le lendemain, avant de lever l'ancre, nous retrouvons Jannick, Michel, Ninon et Alizée pour un apéro bateau et un repas, à la veille de leur départ après 10 jours en famille, vacances bien méritées.

Le voyage est une somme de départs, et nous reprenons la mer vers Pointe-à Pitre, car ce soir, ce sont Thierry, Nathalie, Perrine, Grégoire et Cyrielle qui débarquent. Cap sur l'îlet Gosier. C'est dimanche soir et nous voyons partir tous les locaux venus profiter de la belle plage et des cocotiers.
Le lundi, Okamaugo et Paï-me, dont nous faisons enfin la connaissance, nous rejoignent. Beach Ti-punch sur le kayak renversé pour faire office de bar, eau claire et chaude, après midi cool au soleil. Les vacanciers sont dans le bain, un peu rosis et prêts pour partir dès le lendemain en bateau.
Les trois bateaux lèvent l’ancre de bonne heure pour partir vers les Saintes que nous gagnons en tout début d'après-midi, en ayant tous « triché » avec le moteur, vent mollasson oblige. Nous voilà pour 24 heures dans cette baie magnifique, entre baignade, snorkeling et préparation de l'anniversaire d'Aurélie et Bertrand. Petite Terre nous rejoint en fin d'après midi. Ce soir, ZEN fait le plein : 27 personnes, 10 adultes, 17 enfants pour un moment unique entre bateaux-copains.
Après une dernière baignade et quelques virements pour Ewen dans l'annexe de Paï-me, nous retournons vers Pointe-à-Pitre, à regret, car il nous faut bientôt sortir le bateau pour carénage.
Le 6 mars à 7h00, nous quittons l'îlet Gosier pour nous diriger vers le chantier Lemaire. Zen présente les étraves dans le dock flottant orange, qui nous soulève hors de l'eau, avec douceur.
L'équipe du chantier s'active, prépare la sous-marine, attaque la peinture, stratifie le tube de jaumière, vidange les embases...pendant que je m'occupe du bricolage intérieur, des vannes des ch...que du bonheur. Nous avons loué un petit duplex dans la résidence de Thierry et Nathalie, une voiture, nous voilà terriens pour quelques jours. Eau et électricité à tous les étages, gros efforts sur le Cned, ballades dans l'île, soirée dansante improvisée dans un bar de Sainte-Anne : rien ne manque, sauf le temps , car les rennais déjà repartent et nous, nous allons remettre le bateau à l'eau, pour deux jours encore à la marina Bas-du-Fort, pour faire les courses, réparer le feux de mât (enfin) et faire les vidanges moteurs. Le temps d'une soirée avec Hugues et Anne, en vacances en Guadeloupe : soirée Pizza à la marina ! On aura juste le temps de saluer Socoa, bateau avec qui Cécile avait fait son stage médical. On se retrouvera sans doute dans les îles du nord.
Nous quittons cette marina accueillante, avec un bateau impec, des souvenirs énormes de tous ces amis venus nous voir de métropole. Et besoin d'un petit repos, il ne nous manque qu'un peu se sommeil.

Il faut partir à nouveau pour remonter au nord. Antigua est la prochaine étape, puis Barbuda, Saint-Martin, BVI.....Nous sommes sur la route du retour, il faut se l'avouer et profiter encore à plein de ces îles qui se dévoilent déjà au loin, avec des conditions de vent et de soleil qui s'améliorent … serait-on enfin dans la saison sèche ?



mardi 18 mars 2014

LA DOMINIQUE

Voilà une escale qui restera dans nos souvenirs et qui nous pousse à revenir, tellement il nous reste de choses à découvrir en particulier dans le sud de l'île. Quittant le Nord de la Martinique, nous remontons au près à bonne allure pour croiser bientôt la pointe sud de la Dominique, île coincée entre deux départements français. Notre timing nous oblige à y faire une courte halte que nous choisissons de faire à Portsmouth au nord de l'île, pour y rejoindre Snoozle, pour un rendez-vous attendu depuis l'Espagne. Deux Baleines nous saluent en arrivant sur la côte ouest de l'île, nos premières baleines, dont nous ne verront que le dos mais il y avait quelques tonnes sous l'eau.




Au large de Portsmouth, une Barque vient nous chercher. C'est un boys boat, qui bosse pour Eddison Tour, qui nous prend en charge. « I was the First », autrement dit, il va s'occuper de nous : c'est le Yacht service à la Dominicaine. Ils vous accueillent, vous proposent tout type de services, des douanes au BBQ sur la plage, en passant par le taxi ! Des types adorables, qui sont également une vraie sécurité pour le bateau à l'ancre dans la baie.

Quand nous entrons dans la baie, Beat et Maja nous accueillent sur Snoozle. Nous les avions rencontrés au tout début de notre voyage à Vigo, mais des soucis techniques et un programme différent du nôtre n'avait pas permis de nous revoir avant. Quelle joie de passer du temps ensemble, de discuter bateau même si « les objets de nos rêves sont bien différents », bois contre plastique, magnifique classique yacht avec tout la modernité pour en faire une vraie bête de course contre Cata ...mais rien ne s'oppose vraiment, et comme nous dit un Dominicain : « ce qui fait le bateau, c'est le capitaine ! »  Disons que nos bateaux ont fière allure. Ces deux jours sont vite passés et nous aurons du mal à nous revoir avant le retour en Europe, peut-être au ski en Suisse !

Nous partons en minibus très sommaire avec Paul, notre guide, pour ce qui devait être notre dernière journée dans l'île. A peine quitté la ville de Portsmouth, nous entrons dans un pays magique, fait de forêts, de rivières, de falaises à pic dans la mer...notre guide est intarissable sur toutes les beautés de son île et sur la profusion de plantes qui, même dans les fossés, servent à guérir tous les maux...et beaucoup les abus de rhum ! Visite formidable que nous finissons en marchant dans la Rain Forest, pour aller voir deux cascades, dans un environnement, de grands arbres, de mousses et de lichens...où apparaît tout à coup une cascade puis, quelques escalades plus loin, une seconde. On se serait cru dans le film « Mission » ! Et tout cela n'est qu'une infime partie des richesses naturelles de l'île.



Pour conclure, Edison nous convie à un Beach BBQ, qui réunit beaucoup de plaisanciers de la baie. On discute avec Jeff et sa femme, américains qui connaissent bien Moon River...Le monde des voyageurs à la voile est bien petit..et sympa !

Le lendemain, on décide, pour attendre un vent plus favorable, de rester une journée de plus. Nous nous lançons, toujours avec Eddison, vers l'Indian River, haut lieu touristique qui finalement nous déçoit, mais c'est surtout en comparaison de ce que l'on avait vu la veille...heureusement , notre guide, James Bond, est extra et nous voyons la maison de Calypso, sorcière dans Pirate des Caraïbes : les enfants sont aux anges. Il faut dire que le film a beaucoup utilisé Sainte Lucie et la Dominique, îles qui sont restées sauvages et savent toujours offrir une nature intacte, ce qui est de moins en moins vrai ailleurs. Et des gens sympas: bien que les rumeurs d'insécurité circulent dans les mouillages, nous ressortons ravis de toutes ces rencontres.



Il nous faut préparer notre départ pour Marie Galante où Bernard et Sandrine nous attendent. Au moment de lever l'ancre, c'est Eddison qui vient nous saluer. Rien ne l'obligeait : ce sont de chics types et des rencontres comme celle-ci qui font le sel de notre voyage, en plus de celui de la mer.